C’est la troisième fois « La famille Vurdalak »histoire écrite par Alexeï K. Tolstoï (cousin du Lion dans « Guerre et Paix ») 40 ans avant « Dracula » de Bram Stocker, il est amené au cinéma.
Première fois Mario Bava en a pris un des épisodes Les trois visages de la peuret par la suite Giorgio Ferroni l’a utilisé comme point de départ pour La Nuit des Diables. Maintenant, l’histoire de l’autre Tolstoï a fini entre les mains du Français Adrien Beauqui atténue légèrement les tons horrifiques pour faire de l’histoire un conte gothique qui parle (aussi) d’obsessions amoureuses.
Les Suisses Kacey Mottet Klein il incarne un noble français qui revient à Paris mais qui, quelque part dans les Balkans, est attaqué par des bandits et est contraint de demander refuge et abri en frappant à la porte d’une famille locale. L’atmosphère est étrange en soi, et le devient encore plus lorsque – après avoir dépassé la limite maximale qu’il s’est imposée – Gorka, le chef de famille âgé, rentre chez lui. Les enfants de l’homme, au lieu de le rejeter et de le tuer comme il avait lui-même demandé s’il était revenu après les six jours d’absence, l’accueillent et d’étranges événements commencent à se produire. Le Français, au lieu de s’enfuir, y reste jusqu’au bout, pris au piège par la beauté sauvage du personnage. Ariane Labéd fille de celui qui est peut-être devenu un, ou un vampire.
Si dans l’œuvre de Bava le wurdalak était joué par Boris Karloffet dans le film de Ferroni Bill Vandersle vieil homme ici Gorka c’est un fantoche manœuvré par le réalisateur lui-même, qui lui prête également sa voix. Un choix radical (et gagnant), qui s’accorde très bien avec le images prises par Beau en 16 mm et avec le ton aliéné, onirique, mais jamais excessif et postmoderne de ce petit mais fascinant objet cinématographique.
Un film, Le Voudalakqui est capable de transmettre parfaitement la sensation de ambiguïtéDe attraction et répulsionet de hors de propos et de hors de propos, qui enveloppe et hypnotise son protagoniste.
La tension, plutôt qu’entre le personnage de Klein et celui du wurdalak, est entièrement entre lui et Zdenka joué par un Labed à deux niveaux, sauvage et magnétique.. Une tension seulement subtile érotiquemieux caractérisé par un romantisme gothique, sombre et décadent qui colore tous les événements et scènes racontés par le film, et. ce qui conduit inévitablement (et intelligemment, même dans sa théorie féministe polie) vers une conclusion des événements inversée par rapport au récit littéraire.
Une petite plongée, agréable et rafraîchissante, dans un passé cinématographique (et non cinématographique) qu’il ne faut pas oublier, et trop souvent écrasé par la vitesse, par les angoisses visuelles et sonores et par les excès d’explicitation de notre époque.