Tous les Noëls ne sont pas consacrés à la famille, aux cadeaux et aux lumières allumées. Parfois, ils sont calmes, inconfortables et remplis de gens qui n’ont nulle part où aller. The Holdovers, réalisé par Alexander Payne, commence ici : un internat vide pendant les vacances d'hiver, où trois personnes complètement différentes se retrouvent obligées de vivre ensemble. Un professeur détesté de tous, un étudiant laissé pour compte et un cuisinier marqué par le deuil deviennent, sans le vouloir, une petite communauté vouée au changement.
Le Noël des exclus : coincés dans un internat pendant les vacances
Nous sommes en 1970. Paul Hunham (Paul Giamatti) est un professeur strict, incapable de communiquer avec les étudiants. Angus (Dominic Sessa) est un garçon intelligent mais troublé, laissé pour compte à l'université alors que tout le monde rentre à la maison pour Noël. Mary (Da'Vine Joy Randolph), la cuisinière en chef de l'école, porte plutôt le fardeau d'une perte qui a affecté sa vie. Contraints de rester au même endroit pendant les vacances, les trois entament une coexistence forcée qui se transforme peu à peu en quelque chose de plus profond. Entre heurts, silences et petits gestes, chacun commence à montrer sa fragilité. cela renverse complètement l’idée du film de Noël classique.
Il n'y a pas de familles réunies ni de miracles, mais des gens qui apprennent à se reconnaître dans leur solitude. Le collège devient ainsi un espace suspendu, où ceux qui sont restés sur place découvrent que même la rencontre la plus improbable peut devenir une forme d’appartenance. C'est un Noël imparfait, mais précisément pour cette raison plus humain, car il transforme l'imperfection en valeur. Et c’est justement ce regard mélancolique mais sincère qui est la clé de sa réussite.
Le professeur « haineux » que personne ne connaît vraiment
Au centre du film se trouve Paul Hunham, interprété par Paul Giamatti : un professeur rigide, loin d'être apprécié et profondément seul. Mais derrière sa dureté se cache bien plus que ce que l’on voit. Le film construit lentement sa transformation, et c'est précisément dans sa relation avec Angus et Mary qu'apparaissent les fissures de son armure, dans un voyage fait d'affrontements et de moments inattendus d'humanité. il a frappé le public et les critiques parce qu'il raconte quelque chose de simple mais rare : la possibilité d'une connexion entre des personnes qui ne se seraient jamais choisies. Le film obtient 5 nominations aux Oscars 2024, offrant à Da'Vine Joy Randolph la statuette de la meilleure actrice dans un second rôle. La même année, l'actrice remporte également le BAFTA, tandis que Giamatti remporte le Golden Globe du meilleur acteur dans une comédie musicale ou une comédie.
The Holdovers : de vraies cigarettes et des téléphones dont plus personne ne sait se servir
L'un des aspects les plus particuliers concerne la manière dont certaines scènes ont été tournées et interprétées par les acteurs, avec des détails qui en disent aussi long sur leurs personnages. Da'Vine Joy Randolph, qui joue la cuisinière Mary dans le film, a choisi de fumer de vraies cigarettes sur le plateau, même si elle n'est pas fumeuse. L'actrice a expliqué qu'elle trouvait irréaliste l'utilisation de fausses cigarettes devant la caméra et a donc décidé d'utiliser des cigarettes, une marque qu'elle n'appréciait pas particulièrement, justement pour éviter le risque de développer une dépendance pendant le tournage.
Une autre curiosité concerne Dominic Sessa, qui fait ses débuts au cinéma. Lors d'une scène dans laquelle son personnage Angus doit téléphoner à son domicile, l'acteur a commis plusieurs erreurs car il ne savait pas se servir d'un téléphone à cadran, aujourd'hui pratiquement disparu de la vie quotidienne.