On en a aussi marre de répéter que le studio belge nWave est une ressource de divertissement européen, d'animation non-auteure. Nous lui donnerons volontiers une autre critique, en suggérant qu'emmener vos enfants voir la suite de Hopper and the Lost Temple ne sera pas une perte de temps, ni pour eux ni pour vous.
L'intrépide et le positif »poulet-lièvre » L'aventurier Hopper est sur le point d'accepter une nouvelle mission, avec ses inséparables compagnons d'aventure, la dynamique mouffette Meg et la tortue Abe : récupérer une marmotte magique capable de changer le passé, pour éviter qu'elle ne tombe entre les mains de ceux qui rêvent de le faire. Cependant, il sera confronté à un dilemme moral : apparaîtra de manière inattendue sa sœur biologique Gina, qui voudrait le convaincre d'utiliser la marmotte pour donner de l'espoir au reste de sa race hybride, ce que Hopper n'a jamais fait. connu….
Hopper – Le Secret de la marmotte, réalisé par Benjamin Mousquet qui a déjà co-réalisé le précédent Hopper et le Temple perdu, est une nouvelle confirmation – s'il en était encore besoin après plus de quinze ans – que le studio belge nWave est une petite ressource pour l'animation européenne. Attention : nous ne parlons pas de ces phénomènes d'auteur à la Flow, qui réchauffent le cœur des jurés des prix les plus célèbres, avec un raffinement formel indépendant et non conventionnel. Il s'agit plutôt de produits de divertissement inattaquables dans la forme, le rythme et le fond, qui donnent sérieusement à un public familial ce que promet le packaging, avec intelligence, précision et respect. Sans même réinventer la roue et en même temps sans paresse, et sans avoir à démontrer artistiquement une ambition particulière, autre que celle d'être digne de notre époque. Salaire minimum, pourrait-on dire, mais c'est un minimum qu'un monstre qui rapporte près d'un milliard de dollars comme Super Mario Galaxy – Le Film n'a pas réussi à garantir, à notre avis.
Toujours inspiré des romans graphiques de la série « Chickenhare » créée par Chris Grine, Hopper – Le Secret de la marmotte a des allures d'aventure au parfum archéologique fantastique à la Indiana Jones, mais ne perd pas pour autant sa force métaphorique. Le scénario de Dave Collard (actif sur Family Guy) distribue une fois de plus le temps nécessaire à tous les personnages, ce qui en soi n'est pas une tâche facile, compte tenu de l'immensité du casting d'ensemble. Surtout, cela rend même les dialogues « obligatoires » dans ce type de dynamique narrative naturels et ironiques. Comme nous l’avons dit, un travail de qualité en coulisses est facile à sous-estimer. La bouffonnerie, qui déborde habituellement sur tous les personnages des dessins animés de divertissement, se concentre encore une fois sur ceux qui la gèrent très bien : nous restons fans d'Abe (nous avons trouvé irrésistible que, face à son propre imbécile, il commente « Si c'était arrivé à quelqu'un d'autre, j'aurais fait une blague« ). Et le retour des cochons carrés, qui se déplacent comme des cubes dans un jeu de construction, potentiellement marchands à presser, sont sirotés là où ils peuvent s'amuser comme il se doit.
Étant donné que le récit tient techniquement bien, même s'il faut gérer des explications en flashbacks pas simples pour un public plus jeune, l'intelligence de la morale est appréciée. Hopper est une personne différente qui, dans le premier film, a dû apprendre à s'accepter, bien qu'il se trouve dans la position privilégiée d'être le fils adoptif du roi. Gina lui fait peser : c'est plus facile d'être différent si tu as de la chance. Ici, pour nous, le courage de porter une telle réflexion, dans un film pour garçons et filles, a activé un radar… qualitatif qui nous a obligé à ne pas écarter le film. Et nous n'avons pas été déçus, car pour réfuter cet amer constat, Hopper – Le secret de la marmotte construit un point culminant fort, mettant en place diverses pièces éthiques et morales qui ne font pas de mal dans un conte de fées : le lest du regret des erreurs passées, les conséquences des sociétés fermées, le risque de répondre aux abus par davantage d'abus… le tout résolu avec un sourire raisonné et non superficiel. Pour preuve, l'histoire ne présente pas de véritable méchant, mais uniquement des personnages qui se comportent humainement bien ou mal selon les cas : « humainement » comme seuls peuvent le faire les meilleurs personnages anthropomorphes.
Place réservée au troisième acte, en ce qui nous concerne, en espérant qu'il y soit.