Depuis début juillet dernier, une institution prestigieuse comme la Cinémathèque française compte, pour la première fois, une femme comme présidente, suite à la fin du mandat du réalisateur Costa Gavras, 93 ans. Il s'agit d'Isabelle Huppert, l'une des grandes actrices et célébrités du cinéma transalpin dans le monde. Une légende vivante qui, à 73 ans, s'est prononcée très clairement sur ce qu'on appelle la « cancel culture ».
Choisie par le conseil d'administration de l'institution parisienne pour un mandat de trois ans, elle a à son actif une filmographie de 150 rôles au cinéma, et désormais la responsabilité de veiller sur le temple du cinéma, fondé en 1936 par Henri Langlois, qui conserve 50 000 films et près d'un million de documents liés au cinéma. Compte tenu de la polémique de ces derniers mois et années sur le choix des œuvres et des réalisateurs à projeter à la cinémathèque, du toujours discuté Le Dernier Tango à Paris de Bertolucci aux films d'auteurs accusés ou reconnus coupables de violences sexuelles ou d'autres crimes, Huppert a répondu aux questions sur le thème #MeToo posées par l'hebdomadaire Paris Match.
Il a déclaré : « La Cinémathèque est une institution exemplaire, elle doit avoir une résonance internationale, présenter des films du monde entier et attirer de nouveaux publics. Sa mission est de faire vivre le patrimoine culturel, d'être en phase avec le présent et donc toujours attentive à attirer les jeunes spectateurs », a-t-il déclaré. « Le but est de préserver les œuvres, qui sont des biens culturels. » Il ajoute qu'il est parfaitement conscient que « dans certaines circonstances, les films sont éclipsés par l'histoire qui les accompagne », ce qui ne veut pas dire qu'ils doivent désormais être cachés au public. « Ce sont aussi des œuvres collectives, et ce serait comme une punition collective. Chacun est libre de les voir ou de ne pas les voir. Il convient seulement de se souvenir de certains faits, de ne pas les ignorer. Vous lisez Céline… ou pas ? ».
Dans l'entretien accordé à l'hebdomadaire, il a également déclaré qu'il ne renierait aucun des réalisateurs avec lesquels il a travaillé par le passé, notamment Benoît Jacquot, avec qui il a travaillé sept fois, jusqu'en 2022, soit deux ans avant que le réalisateur de soixante-dix-neuf ans ne soit nommé. fait l'objet de graves accusations. Dplusieurs actrices, en effet, dont Isild Le Besco Et Judith Godrèche, l'accusait de harcèlement sexuel, de violences psychologiques et physiques et de viol.